Chapitre 7 du roman « La Nouvelle Humanité, le clan des Brevelles ».
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Ce matin-là, Ankhe est venu me chercher différemment. Pas de pression derrière la nuque, mais une certitude, posée là, dès le réveil. Une évidence qu’il fallait y aller. J’ai fermé les yeux, me suis concentré sur ma respiration. Le flash blanc est venu presque immédiatement.
Le ciel n’est plus un simple ciel. Il est devenu un théâtre cosmique où les astres rejouent un rituel ancien, sacré, immuable. Le soleil s’efface lentement, englouti par le disque lunaire, et une pénombre singulière s’étale sur la vallée. Tout autour de moi, la lumière prend une teinte irréelle, mélange de cuivre et d’argent. L’univers semble hésiter entre s’éteindre et renaître. Les Brevelles sont là, silencieux, immobiles, réunis autour du figuier des Roches, cet arbre tordu par l’aridité, majestueux malgré ses cicatrices. Ses branches noueuses s’étendent vers le ciel comme des mains en prière. À ses pieds, un cercle parfait a été tracé, couvert de pétales blancs et de petits cristaux bleutés qui captent les derniers éclats du soleil mourant. Même les oiseaux se sont tus. Les grillons, d’ordinaire assourdissants en cette fin d’été, ont cessé leur chant. Les insectes ont disparu dans les herbes. Le vent lui-même semble avoir quitté la vallée. La nature entière est figée. Immobile. Comme si la Terre retenait son souffle. Je me tiens à la périphérie du cercle, captivé par l’atmosphère qui m’enveloppe. Ce n’est pas un simple phénomène astronomique, je le sens dans chaque fibre de mon être. Il se passe quelque chose de plus grand. Le temps, lui-même, suspend son souffle. Chaque seconde devient unique. Il n’y a plus de passé. Encore moins de futur. Seul ce moment existe, vécu avec une intensité absolue par chaque être vivant.
Un murmure, presque inaudible, s’élève soudain. Ankhe est là, au centre, vêtu d’une longue tunique ocre qui flotte autour de lui, malgré l’absence de vent. À ses côtés, Liy tient entre ses mains une sphère de cristal d’une quinzaine de centimètres de diamètre. La sphère vibre d’une lueur cuivrée et semble déjà répondre à l’éclipse. Cette lumière se pose sur le visage de Liy et en révèle la douceur. Dans cette pénombre d’ambre, elle est d’une beauté saisissante.
– Le moment est venu d’accueillir le passage, murmure Ankhe.
La suite de ce chapitre sera disponible dans la version publiée du roman.