Chapitre 5 du roman « La Nouvelle Humanité, le clan des Brevelles ».
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Flash blanc.
La lumière surgit, pleine et complète. Elle engloutit mon monde en un claquement de doigt. Mon corps cesse d’exister dans l’espace, il n’y a plus que cette clarté absolue. Puis, peu à peu, elle se rétracte. Une chaleur douce s’installe à la place, accompagnée d’un parfum d’herbes sèches que je reconnais sans les nommer. Des contours se dessinent, une ombre après l’autre. Les formes s’ordonnent, s’affermissent. Le décor se recompose autour de moi, précis, familier.
Ankhe est là.
Ça n’avait pas été facile d’en arriver là. Trois jours sans connexion. Trois matins sur le rocher, le rituel complet, la respiration, l’attention, le lâcher prise… et le silence. Ankhe absent. La pression derrière la nuque, parfois, mais rien qui s’élargisse vraiment, rien qui bascule. J’essayais deux heures parfois, jusqu’à ce que la nuque soit raide et les jambes ankylosées. Lucky finissait par venir poser son museau sur mes genoux et je comprenais que c’était fini pour la journée.
Ce matin, j’avais à peine terminé mon café sur la terrasse quand la voix est arrivée.
— William ?
Un seul mot. Le timbre d’Ankhe, bref et précis, planté au centre de ma tête. Debout dans le bungalow, ma tasse encore chaude entre les mains. J’ai posé la tasse. J’ai attrapé mes chaussures et j’ai couru. La cheville avait tenu. Plus de douleur depuis deux jours. Le sable sous mes pieds, la mer, le rocher qui grossissait à chaque foulée. Je me suis installé en tailleur, j’ai fermé les yeux, j’ai laissé la pression arriver. Elle était là, immédiatement, dense et stable, comme si elle m’attendait depuis trois jours.
Et puis le flash blanc.
Le sourire apaisant d’Ankhe m’accueille, ses yeux verts fixés sur moi avec cette bienveillance que je commence à connaître. Je ressens aussitôt une onde de bien-être me parcourir de bas en haut. Je suis là. Enfin.
— Il reste peu de temps. Qu’est-ce que ça voulait dire ?
La question sort avant même que j’aie le temps de formuler un bonjour. Ankhe ne semble pas s’en offusquer.
— Exactement ce que tu as compris. Les contacts entre nous ne sont pas illimités. Il y a des moments où la connexion est possible, et d’autres où elle ne l’est pas. Ces derniers jours, je ne pouvais pas t’atteindre.
— Pourquoi ?
Il marque une pause. Courte mais perceptible.
— Disons que tout le monde, ici, ne considère pas ce contact comme une bonne idée. Je dois naviguer avec prudence.
La suite de ce chapitre sera disponible dans la version publiée du roman.