Chapitre 4 du roman « La Nouvelle Humanité, le clan des Brevelles ».
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J’ai vomi peu après minuit. La tête dans la cuvette des toilettes, Lucky assis derrière moi. Je ne sais pas combien de temps je suis resté là. Je me suis réveillé sur le lit à dix heures, habillé, les chaussures encore aux pieds. Une douleur sourde au niveau du front, juste derrière les yeux. Le genre de mal de tête qui ne répond pas aux anti-douleurs. J’en ai pris quand même, avec un grand verre d’eau, debout dans la salle de bain, les yeux mi-clos. Dans le miroir, un homme qui a mal dormi et qui a vu des choses. La question revenait, inévitable. Est-ce que c’était réel ? Je l’ai laissée tourner quelques minutes. Je me suis mis sous la douche où j’ai essayé l’eau chaude, puis froide. La migraine était toujours là, présente au niveau du lobe frontal. J’ai ouvert la porte pour que le chien puisse aller se soulager. Il est revenu quelques instants plus tard et s’est planté devant moi, la tête à l’oblique et les oreilles dressées. Je me suis dirigé vers sa gamelle machinalement. Lucky m’a suivi, la queue oscillant à mi-vitesse, pragmatique. Lui, il ne se demandait pas si les croquettes étaient réelles. Il voulait juste manger. Je lui ai donné sa ration. Je suis retourné dans la salle de bain pour finir de m’habiller. Il était temps d’aller manger, mon estomac émettait des sons sans équivoque. Il est vrai que j’étais à jeun depuis la veille à midi. En sortant de la salle de bain, je me suis assis sur le bord du lit pour reprendre mes esprits, tellement le mal de tête tambourinait mon cerveau. Toute l’expérience de la veille m’est alors revenue d’un coup. Ankhe, la place du village avec son arbre central, les gens qui me regardaient en souriant, les androïdes qui, eux, ne me voyaient pas, tout se mélangeait dans ma tête à la faire exploser. Mon imagination ? Un rêve éveillé ou méditatif ? J’ai posé la tête entre mes mains et j’ai fermé les yeux. Non, ce ne pouvait être un rêve. Un rêve est décousu avec des éléments hors contexte qui viennent le ponctuer. Jamais il n’occasionne de souvenir aussi clairs et précis. Mais ce pourrait être mon imagination. J’ai frotté alors mon visage pour chasser ces idées dérangeantes. Là encore, cela ne tenait pas la route. Je sais que l’imagination peut parfois très fertile mais de là à concevoir un autre monde, à suivre une discussion parfaitement crédible, et ce, pendant une bête méditation. Non. C’était vraiment tout autre chose. Je me sentais perdu et je m’énervais tout seul à ne pas comprendre. Moi qui suis d’habitude ancré dans mon monde et mes routines, là, je commençais à perdre pied.
La suite de ce chapitre sera disponible dans la version publiée du roman.