Chapitre 2 du roman « Le clan des Brevelles ». Version Release Candidate.
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J’ouvre les yeux sur le ressac de l’océan. Le soleil s’est le-vé il y a une heure à peine et la lumière est déjà belle. Elle l’est chaque matin. Je ne le remarque même plus. Ce que je remarque, c’est la marée basse. Comme à chaque fois, les crabes en profitent pour sortir de leur cachette sablon-neuse, en mouvements rapides et précis. Comme les oi-seaux marins qui planent au-dessus de l’eau et profitent du retrait de la mer pour se nourrir. Cette contemplation, systématique, fait du bien à mon mental. Lucky, de son côté, parcourt la plage dans tous les sens, la truffe collée au sable humide, absorbé par un monde olfactif qu’il dé-couvre encore. Il revient vers moi de temps en temps, s’assoit une seconde, repart. Il est dans son élément. Moi aussi je devrais l’être. Ça fait quinze jours que je suis là. Quinze jours que j’aurais dû aller mieux. C’est ce qu’on m’a dit au bureau quand j’ai posé trois semaines de congés.
— Reviens-nous en forme, William.
C’est aussi ce que je me suis promis en faisant ma valise. L’air marin, le silence, le soleil. Changer de décor. Laisser la pression se dissoudre naturellement. L’idée semblait raisonnable depuis Bruxelles. Ici, je réalise que j’ai juste tout emporté avec moi.
Depuis mon arrivée, une routine s’est installée. Le matin, je me lève avec le soleil. Je laisse Lucky sortir autour du bungalow, je fais chauffer de l’eau, je mange debout. Pain, fromage local, fruits secs, ce qui me tombe sous la main. Puis je prends la laisse et on descend vers la plage. C’est l’heure que je préfère. Presque personne encore, juste les oiseaux et la mer. Lucky disparaît vers les dunes, revient, repart. Je m’installe sur un rocher que j’ai choisi un peu au hasard. Un bloc de granit gris en surplomb de la mer, assez large pour s’asseoir en tailleur, assez stable pour ne pas avoir à penser à mon équilibre. Une surface plane dans un endroit calme. C’est tout ce que je cherchais. Et je médite une demi-heure, parfois plus. Les yeux fermés, la respiration qui se pose, les pensées qui passent sans que je les retienne. Ça marche. Dans ces moments-là, ma tête se vide vraiment. C’est la seule heure de la journée où je ne joue aucun rôle.
La suite de ce chapitre sera disponible dans la version publiée du roman.